Comment l’école aborde-t-elle/devrait-elle aborder la question du numérique ?

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Actuellement, l’entrée dans le monde du numérique est encore peu envisagée dans le cadre scolaire (on se limitera à envisager l’école, tout le raisonnement étant transposable, avec des variantes, à tout autre endroit où exercent des professionnels de l’éducation).

Deux grands types d’approches sont aujourd’hui privilégiés :

- l’utilisation d’outils numériques : tablettes, ordinateurs portables, tableau interactifs,… à partir de la maternelle jusqu’à la fin de la scolarité.

- le développement de séquences de réflexion, souvent sous forme de modules construits par des associations (par exemple ici), pour préparer les enfants/adolescents à se garder des dangers et/ou des conduites néfastes découlant directement de l’utilisation d’Internet.

Sans entrer dans une généralisation outrancière, le premier type de pratique est mis en œuvre par des écoles ou des enseignants qui entretiennent un rapport très positif, voire utopiste, avec Internet. Pour ne donner qu'un seul argument, ce n’est peut-être pas en utilisant les écrans dès le plus jeune âge que l’on va construire un rapport avec le réel qui permette de mettre le virtuel à sa juste place dans le chef de l’enfant/adolescent.

Le deuxième type de pratique revêt souvent une forme stéréotypée (du type « valise pédagogique » avec livret et supports tels que jeux, DVD,…). Ce type d’outil ne permet pas d’appréhender les situations locales dans toute leur complexité. Un épisode de « cyber-harcèlement » n’appellera pas le même genre de réaction selon le milieu, l’âge, le groupe concerné,… De plus, il met le plus souvent en avant les dangers d’Internet, sans en mesurer les effets positifs (par exemple, pour certains adolescents, les réseaux sociaux permettent aujourd’hui une forme de socialisation qui n’avait pas d’équivalent hier et qui donc les maintenaient dans la solitude).

Il est frappant de constater que ces projets (du premier ou du deuxième type), lorsqu’ils sont regardés globalement, donnent une impression de morcellement de la réflexion pédagogique et éducative autour des questions du numérique. On est donc loin d’une politique appropriée et ambitieuse des pouvoirs publics qui les subventionnent. C’est dans cette optique que l’approche de Bernard Stiegler d’Internet comme rétention tertiaire, à voir comme un pharmakon, un poison et un remède, permet une analyse cohérente et constructive.