En quoi les TICS peuvent être un outil de transmission intergénérationelle ?

De Wikizen
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Il est beaucoup question aujourd’hui de la crise de la transmission, de la confusion des générations au point de se demander comment devenir adulte dans un monde jetable.

Internet, ce wiki peuvent en effet rentrer dans le tissage d’un nouveau contrat intergénérationnel qui s'imposera peut-être comme le mode de transmission à venir : les seniors (en football, on est senior à 21 ans ; dans les magazines, à partir de 50-55 ans) transmettent ce qu'ils ont la responsabilité de transmettre, sans a priori, ni complaisance ; les juniors apportent leurs connaissances et leur nouvelle manière de voir (en terme de réseau) en acceptant de prendre en compte ce que leur transmet la génération précédente.


Pourquoi penser qu'il faut en passer par des solutions aussi sophistiquées pour rétablir un lien intergénérationnel, parfois bien distendu ? Le dernier demi-siècle a été l'occasion d'une mutation radicale du regard sur l'humain et sur l'enfant en particulier. Les adultes, considérés comme des individus libres, ne sentent plus où sont les limites de la légitimité à éduquer un enfant devenu sujet à part entière ; l'éducation implique une asymétrie qui n'est plus de mise dans nos sociétés actuelles.

Dans le même temps, la société consumériste ultra-libérale n'a pas encore trouvé de limite. Les techniques de marketing, chaque jour plus raffinées, s'emploient à faire exploser les différences entre générations, ramenant toujours l'identification à un adulte jeune, en forme et/ou fragmentant les cibles publicitaires véhiculant ainsi l'idée que chaque génération doit s'occuper d'elle-même et que tous s'en sentiront mieux !

Dans ce cadre général, la transmission intergénérationnelle est bien mise à mal : elle implique en effet le consentement d'une génération de recevoir le passé, accepté des générations précédentes, de le malaxer et le digérer à la sauce du présent pour le projeter dans l'avenir, à destination des générations futures. Or les seniors d'aujourd'hui sont précisément ceux qui ont crû pouvoir faire table rase du passé, en particulier autour de mai 68. Comment endosser l'habit de « celui qui sait » alors qu'on a pensé que jamais, on ne serait dépassé par les suivants, le mot d'ordre étant la liberté de dire, de penser, de dépenser,.... dans lequel toutes les générations se retrouveraient, égales en tout.

De plus, le premier support sur lequel s'est toujours fondé la relation intergénérationnelle est un support technique : l'artisan ébéniste initiait ses fils ou ses apprentis sur le bois, le professeur d'humanités conseillait (ou imposait) livres et documents. Que dire alors de la transmission entre génération quand le support technique majoritaire se fait doubler par une révolution technologique, comme l'est Internet ? Il faut vivre l'expérience de trouver sur Internet comment débloquer un lave-vaisselle alors que votre plombier (pourtant habituel) ne vous suggère aucune solution, pour comprendre que la transmission est définitivement chamboulée !

Ainsi, le flux existant depuis la nuit des temps d'une génération à l'autre doit être réinventé, d'où le concept de contrat intergénérationnel (pour reprendre une formulation du philosophe Bernard Stiegler qui inspire largement le projet, voir le site Ars Industrialis et en particulier la conférence sur l'adolescence) : les seniors prennent l'information, la traitent et la pensent à partir de leur expérience (dans tous les sens du terme), les juniors apportent les informations techniques qu'ils connaissent, proposent les manières de voir avec leur regard à eux ; les deux groupes échangent, se parlent et progressent ensemble (en n'oubliant pas que, dans la relation éducative stricto sensu, la décision revient à l'adulte).

Ainsi,toujours à la suite de Bernard Stiegler et dans la pratique des pédagogies actives, peut se penser et se mettre en œuvre une approche très pragmatique et partielle du contrat intergénérationnel